Sommaire

Notes

Les enquêtes publiques

La mise en compatibilité n'est qu'un faux

Une justice contre nature

La Fée du Rizzanese ou l'électricité

L'indépendance énergétique

Hiver 2005, la Corse a eu froid

Les pouvoirs impuissants

La Corse maintenue hors normes

Conclusion

 

Les pouvoirs impuissants

 

   En s’impliquant, la CTC, la Collectivité Territoriale de Corse, et les pouvoirs publics auraient pu réduire la crise et les délestages...
   Le Bilan prévisionnel pluriannuel (BPP), élaboré par la CTC, est très critiquable : “Les propositions du BPP sont dès lors entachées d’une certaine myopie dans la mesure où elles ignorent les évolutions probables ou inéluctables du contexte dans lequel elles s’inscrivent, comme par exemple le renforcement du réseau de transport, l’évolution des infrastructures portuaires, l’arrivée du gaz naturel, le raccordement avec le réseau continental, la perte du statut de “zone non interconnectée”.
   Ces critiques, du rapport Leteurtrois, sont déterminantes. Dans le langage diplomatique d’un haut fonctionnaire, quand on dit "une certaine myopie", il faut comprendre "un aveuglement complet" !
Le Rapport Leteurtrois a émis un souhait fort : que la CTC, et les Autorités nationales, se prononcent sur une vision à long terme : “Pour le moyen-long terme la mission regrette l’absence d’une vision de long terme du futur énergétique de la Corse“. A court et moyen terme, la sécurité d’approvisionnement passe par la réalisation de la liaison synchrone SARCO (71). Cette liaison doit réduire les coûts et améliorer la qualité du courant ; puis la mission préconise qu’on passe de 50 MW à 80 MW.
   Pour l’après 2010, l’économie et la protection de l’environnement militent pour que les liaisons SACOÏ (72) et SARCO soient utilisées au maximum de leurs capacités. La liaison SARCO serait portée à 100 MW, avec aussi le renforcement de la ligne côté sarde. Pour la ligne SACOÏ, il faudrait doubler la puissance soutirée et installer une station de conversion dans le Sud de l’île.
   “Pour mettre fin à l’isolation du réseau corse qui constitue un handicap au développement économique de l’île, la mission suggère à EDF d’étudier la faisabilité technique et économique d’un adossement du réseau corse à celui du continent, soit directement, soit par l’intermédiaire de l’Italie du Nord“.

   La vision du rapport Leteurtrois est claire. Ses conclusions auraient dû être reprises dans les délibérations de la Collectivité Territoriale. Les élus, après avoir dit que ce rapport guidait leur stratégie, se sont efforcés de l’occulter, avant de revenir à leur vieux démon de la vision utopique d’une indépendance énergétique suicidaire.

 

   Pour le barrage du Rizzanese, le Rapport Leteurtrois n’en parle guère. Tout juste peut-on voir une certaine ironie sur cet ouvrage : “L’aménagement de Rizzanese considéré comme acquis… Le projet consiste en la construction d’une centrale de 54 MW adossée à un barrage de 41 m. Le productible prévu est estimé à 80 GWh. L’ouvrage est destiné à un usage de pointe en hiver. Sa mise en service est attendue pour 2010, à la condition que de nouveaux recours contre ce projet n’en retardent pas encore la construction“.

   Or, les élus de la CTC ont pris prétexte de la crise climatique de 2005 pour réaffirmer le choix de ce barrage (73) et pour multiplier les pressions qui ont pu influer sur l’arrêt du Conseil d’Etat (55 et 65).

 

 

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