Sommaire

Notes

Les enquêtes publiques

La mise en compatibilité n'est qu'un faux

Une justice contre nature

La Fée du Rizzanese ou l'électricité

L'indépendance énergétique

Hiver 2005, la Corse a eu froid

Les pouvoirs impuissants

La Corse maintenue hors normes

Conclusion

 

L'indépendance énergétique de la Corse

  

   Le concept d’indépendance énergétique a influencé les autorités en Corse, aussi bien qu’EDF, qui rappelle que ce barrage résulte d’un choix politique de la Collectivité Territoriale de Corse.
   Pour l’énergie électrique, le choix à courte vue d’une production locale, entraîne deux effets négatifs majeurs. La première conséquence est la détérioration en partie irréversible d’éléments de la nature et du patrimoine. On a pu se faire une idée de la richesse en cause avec cette vallée du Rizzanese.

   Le choix à courte vue d’une solution locale basée sur la nature, entraîne un surcoût économique à vocation perpétuelle qu’il est demandé de financer à EDF, mais surtout à la collectivité. Il n’y a qu’à voir le déficit annuel d’EDF en Corse, les crédits régionaux, les aides de l’État et l’ajout des fonds communautaires européens.
   Or, si la Corse disposait d’indépendance politique, ou d’autonomie dans certains domaines économiques, ce serait sans atteinte majeure à l’environnement et sans distorsion avec les conditions de production et d’échange.
   L’indépendance énergétique est constamment sous-jacente dans l’étude d’EDF et dans les documents officiels. Cette idée de base a influencé les rapports des Commissaires Enquêteurs, même si les mots n’ont pas été énoncés. Cette idée, que l’on a associée à la notion d’intérêt public, a suffi pour justifier la solution du barrage. Or l’examen montre vite que cet aménagement s’écarte de toute norme. Les coûts et les multiples inconvénients sont sans commune mesure avec ses avantages.
   Quand on envisage la production et la distribution électrique en Corse comme si l’île était plus qu’une région, plus qu’un pays ou un continent, mais comme si elle était un univers autonome, et quand on privilégie des solutions locales qui démontrent leurs aberrations, l’intérêt public est fondamentalement négligé.
   Cette option regrettable et opportuniste paraît dérisoire, si on la rapporte à la durée de vie d’un barrage. Les besoins d’aujourd’hui sont conjoncturels et bien différents de 1950 ou de 2050. De son côté le barrage porte des atteintes définitives, sans devenir plus performant dans dix ans, cent ans ou même mille ans.
   Si l’on vise une indépendance énergétique de l’île, il faut voir que de telles solutions renforcent la dépendance économique de la Corse et consacrent son isolement des marchés de l’énergie. Le déficit d’EDF en Corse au titre du service public s’élève chaque année à l’équivalent de ses facturations (soit près de cent millions d’euros), du fait d’une production locale très onéreuse.
   En France continentale, depuis la grande panne de 1979, un câblage maillé du réseau avec les autres pays européens, garantit que l’ensemble soit protégé contre une disjonction générale.

   La production locale d’électricité doit rester marginale. Il est possible d’utiliser des moyens qui apportent moins de perturbations que les barrages. Par exemple, de petites usines à gaz, solution actuellement performante et peu coûteuse. La Corse, avec ses ressources naturelles comme le soleil, le bois ou le vent, peut être bien plus qu’une vitrine des énergies renouvelables. Mais ce doit être dans le respect de l’environnement.

 

 

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