Sommaire

Notes

Un fonctionnement par éclusées

Zones de fractures et de risques

Mesures onéreuses de confortement

Barrage dangeureux pour la population

L'onde de submersion

Le barrage-poids est un ouvrage fragile

Risques en aval du barrage

Leçons des catastrophe passées

 

Zones de fractures et de risques

 

   L’étude d’EDF inquiète par ce qu’elle cache, mais inquiéte aussi par ce qu’elle sous-entend, et surtout par ce qu’elle dit nettement. Ainsi, elle souligne l’importance du charriage et ne le décrit que bien plus en aval : “Lors des crues du Rizzanese dans la moyenne et la basse vallée, l’énergie du fleuve est suffisante pour véhiculer blocs, sables et galets“.       Si des blocs sont charriés dans la moyenne et la basse vallée, c’est bien plus violent dans la haute vallée, où la dénivellation est bien plus forte et où les parois sont très étroites.
   Fascinés par la fermeture naturelle du site, les techniciens d’EDF n’ont pas assisté aux crues exceptionnelles. Ils ont bien vu l’intense fracturation du site rocheux. Mais ils n’ont retenu que le caractère de verrou naturel, qui est propice à faire barrage. Ils ont occulté tout le reste. “L’axe du barrage est implanté juste à l’amont d’un resserrement… L’axe du barrage a été décalé à l’amont du merlon, du fait de l’intense fracturation de celui-ci“ (Etude d’impact p. 33). “Le choix de l’implantation de l’ouvrage est certes dicté par l’existence même du micro-site rocheux formant verrou, formellement et structurellement propice“.
   Or le site est naturellement dangereux, et les risques seraient multipliés par l’exploitation : avec la surverse inévitable du trop-plein, ou la vibration de la paroi. Il peut se produire l’ouverture d’une brèche sur les appuis latéraux : les effets de l’érosion seraient accentués par les montées et les descentes incessantes du lac, du fait des éclusées qui fragilisent la stabilité des berges.
   Il est connu que les barrages bougent. Si l’activité tellurique semble ne pas être forte en Corse, c’est qu’on oublie que plusieurs sources d’eaux chaudes attestent la proximité de ces zones. Les vallées qui jouxtent celle du Rizzanese possèdent des sources chaudes actives et connues : Baracci, Guitera et Caldane (49).
   L’activité tellurique semble lointaine. Mais cela ne doit pas faire illusion. D’après les géologues, le bloc corso-sarde, dans le passé, s’est détaché de la Provence pour aller vers l’Est. Il s’est créé alors une fosse de plusieurs milliers de mètres entre la France et la Corse. Des mouvements très brutaux ont eu lieu entre les plaques. Il subsiste une vitesse de glissement du bloc corso-sarde de 5 à 6 millimètres par an, vers la botte italienne. Ce mouvement limité indique seulement que la progression continue encore.


   Les catastrophes ne sont pas d’une époque révolue. Tout le monde connaît la tragédie du barrage de Malpasset qui culminait à 59 mètres et qui a fait 423 victimes (50). Il ne faut pas s’imaginer que ce sont maintenant des ouvrages sûrs et bien maîtrisés.
   En 2006, un autre barrage d’EDF a cédé, celui de Tuilières (51) . Il était cité comme un aménagement, bien conçu et bien géré.
   Le Rizzanese aussi présente des risques. C’est ce que constate EDF : “Au-delà de 1 hm3, les conditions géologiques du site du barrage (et notamment les conditions de l’appui rive droite dans sa partie supérieure) nécessiteraient l’adoption de mesures de confort et d’autant plus onéreuses que la hauteur du barrage est importante ; ces mesures grèveraient fortement l’intérêt économique du projet “ (Etude d’impact p. 397).

 

 

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