Sommaire

Notes

Un fonctionnement par éclusées

Zones de fractures et de risques

Mesures onéreuses de confortement

Barrage dangeureux pour la population

L'onde de submersion

Le barrage-poids est un ouvrage fragile

Risques en aval du barrage

Leçons des catastrophe passées

 

Un fonctionnement par éclusées

  

   Le barrage du Rizzanese fonctionnerait par éclusées. Il serait vidé épisodiquement. C’est alors que le turbinage produirait l’électricité. Le reste du temps, la retenue se remplirait. Comme ce réservoir est assez limité (1,3 hm3 pour une capacité utile de 1 hm3), il agirait comme une chasse d’eau. Quand le bassin serait plein, la part qui dépasse la capacité de turbinage serait en surverse. L’eau qui déborderait ne serait pas utilisable pour la production électrique.
   En exploitation normale, le fonctionnement par éclusées créerait sans cesse des variations de niveau dans le lac artificiel. Les parois du réservoir subiraient une érosion accélérée. D’autant qu’il y a, en rive droite, une face fragile composée de "gore" (46).
   C’est le résultat de l’érosion chimique du granit. On l’appelle aussi altérite. Dans les Dolomites on dit “toc” (le mont Toc, près de Longarone). A Zoza ce matériau est appelé tuff. Ces phénomènes sont décrits dans l’étude d’impact d’EDF (47).
   La paroi du lac artificiel, constituée de gore, ne peut donc que se décomposer assez vite par la simple présence en permanence de l’eau du barrage. EDF parle de prendre des dispositions de renforcement. Mais l’instabilité des berges va être accélérée du fait des éclusées incessantes qui font monter et descendre le niveau. La sécurité du barrage se trouve mise en cause de ce fait (48).
   Le risque est augmenté lors des crues importantes, qui ne sont pas absorbées par le petit lac de retenue. Elles vont contribuer, plus ou moins vite, à fragiliser les parois originelles et le mur du barrage par la conjonction des phénomènes naturels et artificiels. La surverse est inévitable et peut alors mettre la paroi en vibration. Elle crée donc un risque supplémentaire de cassure.
   Les troncs d’arbres, arrachés aux rives lors des fortes crues, font autant de béliers. Certains taperaient en surface : frênes, aulnes, oliviers, châtaigniers. D’autres plus denses, comme les chênes verts, frapperaient le mur sous sa crête.
   Ces arbres s’agglutinent et forment des bouchons. En cédant par paquets, ils augmentent l’effet dévastateur. Ces dégâts ont été constatés maintes fois, avec les ponts et les moulins ruinés (Fig. 16) lors des très fortes crues qui surviennent deux ou trois fois par siècle. Ces ouvrages sont alors submergés ou détruits, même dans les portions plus larges du fleuve où ils étaient construits.

 

 

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