Sommaire

Notes

Un fonctionnement par éclusées

Zones de fractures et de risques

Mesures onéreuses de confortement

Barrage dangeureux pour la population

L'onde de submersion

Le barrage-poids est un ouvrage fragile

Risques en aval du barrage

Leçons des catastrophe passées

 

Le barrage-poids est un ouvrage fragile

  

   EDF a opté pour un barrage-poids en béton et a donc renoncé au fameux barrage-voûte, réputé comme le type d’ouvrage le plus solide. Il fallait sans doute éviter de courir le risque qu’un des énormes rochers en appui saute comme un bouchon, ainsi que cela s’est produit à Malpasset .
   L’étude d’impact du dossier du Rizzanese le constate : “Les conditions de fondation, tout particulièrement au droit des appuis (rocher très fracturé) empêchent une solution type “voûte“ “.

   Les barrages-poids, comme leur nom l’indique, utilisent leur poids pour parer à la pression de l’eau (57). Ce sont des ouvrages massifs qui opposent leurs poids à la poussée de l’eau du lac. La stabilité des barrages-poids est assurée par la masse du matériau.
   Le ministère de l’industrie admet sur son site Internet : “Ce type de barrage convient bien pour des vallées larges ayant une fondation rocheuse “.
   Ici on n’a pas une vallée large au site du barrage, mais au contraire une vallée particulièrement étroite. Le changement d’orientation du Rizzanese forme un étranglement de 8 à 22 mètres de large, au niveau du lit du cours d’eau, là où celui-ci s’engage dans les gorges, après la confluence du Codi et du Saint-Antoine. Avec une vallée aussi peu large, et un rocher très fracturé, il est difficile de comprendre la logique de l’option qui a été retenue.
   Les barrages-poids sont soumis à un équilibre des forces très précis. Il est donc capital de les surveiller attentivement lors de brusques montées du niveau de l’eau. De multiples raisons peuvent causer cette élévation. C’est le cas des crues, ou de l’effondrement de rochers dans le lac de retenue comme cela s’est passé à Longarone, avec le mont Toc.
Ce poids peut être diminué par des forces de sous-pression dues à des écoulements d’eau sous le barrage au contact du rocher ou du béton. Le facteur géologique est capital pour la construction de ce type de barrage. La présence d’écoulements parasites et de failles, comme c’est le cas ici, sont des facteurs alarmants.
   Avec ces barrages il faut permettre les mouvements de la structure en évitant l’ouverture des joints, notamment en hiver où les différences thermiques sont importantes. Sous l’effort de l’eau qui tend à dévaler la pente, le barrage se déforme, se déplace et pousse les montagnes qui bordent la rivière. Mais à force de bouger le barrage peut finir par s’écrouler.
   Les ruptures successives du barrage de Bouzey, dans les Vosges, ont amené les constructeurs à plus de prudence sur le rôle joué par les sous-pressions tant dans les fondations que dans le corps du barrage. Dès la fin du XIXè siècle, le mécanisme de rupture des barrages poids par pénétration dans les fissures de la sous-pression des eaux d’infiltration à leur pied amont, a été mis en évidence, après les accidents répétés de ce barrage de Bouzey (58).

 

 

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