Sommaire

Notes

La pêche est finie

Axe de vie, parcours de rêve

La mise à sec du Rizzanese

Les risques d'eutrophisation

Les sports en eau vive

Un bilan financier sommaire

Saccage d'une nature précieuse

 

La pêche est finie

     truite macrostigma

     Les cours d’eau sont des axes de vie. Ils doivent impérativement être articulés avec le littoral, et comporter la maîtrise des apports au milieu marin. Telle est la directive majeure du SDAGE. Celui ci préconise la préservation "volontariste" des domaines aquatiques corses qui offrent une richesse écologique reconnue, avec des espèces prioritaires, comme la truite endémique macrostigma.
   D’après la réglementation (29), tout ouvrage dans le lit d’un cours d’eau doit comporter des dispositifs avec un débit minimal qui garantisse la vie, la circulation et la reproduction des espèces. Des dispositifs doivent (30) empêcher la pénétration du poisson dans les canaux d’amenée et de fuite. Pour le Rizzanese, l’arrêté préfectoral a spécifié des barreaux espacés de 4 centimètres !

pêcheur sur le Rizzanese

   L’Article L 432-5 du code de l’environnement impose un débit minimal qui ne soit pas inférieur au dixième du “module“ du cours d’eau. L’aménagement du Rizzanese, en organisant ou en tolérant l’assèchement partiel du fleuve (31), viole les dispositions sur la protection de la nature.
     Les principes édictés dans le SDAGE sont des directives claires :               “Viser en permanence la restauration ou la préservation du fonctionnement naturel des milieux aquatiques en évitant au maximum les discontinuités entre l’amont et l’aval, la déconnexion des milieux entre eux, leur banalisation par des travaux non compatibles avec leur spécificité naturelle, leur perturbation par des prélèvements excessifs ou des régimes de débits trop artificialisés“.
      Au Rizzanese, le détournement de 90 % du débit dans une galerie souterraine sur près du quart de son parcours (12 km sur un total de 56) est une discontinuité grave. “L’axe de vie“ du fleuve est bien interrompu (32).
      La stagnation de l’eau dans la retenue, profonde de plus de 40 mètres, loin de la lumière pendant des semaines et des mois en été, son transport en tunnel puis son turbinage par éclusées, ce sont des conditions perturbantes pour les organismes vivants.


      Le SDAGE souligne le fonctionnement homogène en Corse. Les fleuves prennent leur source dans un massif montagneux central et rejoignent très rapidement la mer...: “Il importe que les projets de SAGE (33) respectent cette logique de fonctionnement et donc que les périmètres prennent systématiquement en compte les bassins versants dans leur intégralité“.
     EDF ne respecte pas les principes édictés pour maintenir une quantité d’eau et des conditions assurant les déplacements et la multiplication des poissons. Pour compenser les dommages de la dérivation à la reproduction des poissons, EDF a consenti la fourniture annuelle de 9.500 alevins de truites de six mois, ou une indemnisation de 1.204 euros. Cette mesure est dérisoire et rend très mal compte de l’intérêt écologique et halieutique du Rizzanese, surtout dans la section court-circuitée.
     En conséquence, il existe une menace majeure pour le milieu aquatique qui serait soumis à des conditions hydrauliques critiques, incompatibles avec sa préservation. C’est une violation de l’article L.211-1 du Code de l’environnement.


     “Tout poisson a un statut de migrateur à une période ou une autre de son cycle biologique. En effet pour se reproduire, grossir, s’abriter, tout poisson se déplace par des migrations partielles longitudinales ou transversales“.

 

 

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