Sommaire

Notes

La pêche est finie

Axe de vie, parcours de rêve

La mise à sec du Rizzanese

Les risques d'eutrophisation

Les sports en eau vive

Un bilan financier sommaire

Saccage d'une nature précieuse

 

La mise à sec du Rizzanese

 

     Quant au débit à relâcher selon la loi, pour ne pas assécher le cours d’eau et pour maintenir les conditions de vie des espèces, EDF a dit : ce sera 345 l/s (345 litres par seconde). Ce débit est bien inférieur au minimum exigé par le Conseil Supérieur de la Pêche (500 l/s), ou réclamé par de nombreux déposants lors des enquêtes publiques, ou encore proposé par la mission déléguée de bassin (MDB) (36) comme le préconisait le SDAGE.
     On pensait que l’écoulement naturel pouvait se maintenir, malgré l’aménagement. Il aurait dû subsister dans la vallée de Zoza, donc dans la section court-circuitée. Cet écoulement résiduel, appelé le débit réservé, a été déterminé par EDF seul, sans accord préalable d’aucune autorité. Les objections n’ont pas été acceptées, en particulier lors des premières enquêtes publiques où les commissaires enquêteurs et beaucoup de déposants avaient élevé des critiques sur l’assèchement prévisible et annoncé de la rivière.
     Mais aucune modification n’a été admise sur ce qui était prévu dans l’étude de l’aménagement. “Le débit réservé sera de 345 l/s (plus 20 l/s pour la station de pompage de Zoza)“. C’est ce qu’EDF a décidé, et c’est ce qui est resté.

 Zitellu
     La Mission Déléguée de Bassin a critiqué ce débit insuffisant conservé au Rizzanese, et proposé un débit réservé de 500 litres par seconde pendant 3 ans. Cette proposition n’a pas été retenue.
     Or la loi sur l’eau interdit que le débit des cours d’eau soit réduit à l’excès et que les milieux aquatiques soient soumis à des conditions hydrauliques critiques, non compatibles avec leur préservation. La dérivation de 90 % du module du cours d’eau, de l’avis des géologues, ne peut qu’entraîner un assèchement saisonnier sur une partie importante de la rivière, l’écoulement ne se faisant plus qu’en nappes alluviales. Sur 12 km, le tronçon court-circuité subit cet assèchement. Les crues sont occasionnelles et inexploitables. Elles donnent une image illusoire du débit réel. Ainsi, dériver 90 % du débit réputé moyen, en revient à détourner de fait la quasi-totalité du cours d’eau (37). Les inconvénients sont importants pour la nature, pour les habitants, et pour les estivants.
     C’est ce qu’on voit sur les rivières où des aménagements ont été réalisés en Corse. Il s’y produit un assèchement, avec création de zones marécageuses, colonisées par des moustiques et par une végétation adventice (7). Les habitants du hameau de Sampolo s’en sont plaints après la réalisation du petit barrage sur le Fiumorbo.
     Pour le renouvellement cyclique de la plage, c’est à un autre cours d’eau que le rôle de remplacement du Rizzanese a été dévolu par EDF, le Fiumicicoli, car avec le barrage les apports solides vont rester piégés à l’amont du bassin de retenue. Fiumicicoli signifie en corse le tout petit fleuve, le tout petit cours d’eau. Penser qu’il tiendra le rôle du Rizzanese, lors des crues, est déraisonnable.

 

 

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