Un bilan financier sommaire
Les affirmations d’EDF (43) sont douteuses : “La conception de la centrale est guidée par le souci d’une exploitation performante, assurant la sécurité des biens et des personnes, la protection de l’environnement, la satisfaction des besoins en eau agricole et rurale, ainsi que des performances optimales de production sur le réseau électrique“. En réalité, on ne pourra produire l’électricité que “comme on pourra et quand on le pourra“. Il n’y aura pas de planification car il n’y a pas de vision stratégique.
Les dépenses de l’aménagement ont bien diminué, d’après EDF... Les dossiers successifs montrent des devis qui ont décru en cinq ans, entre la conférence administrative de 1998 et les enquêtes publiques de 2003. La baisse affecte le barrage et les ouvrages annexes, ainsi que les accès routiers, le matériel, et les dépenses d’exploitation ! Il y a eu une diminution aussi pour les prix de revient du kW installé, pour le prix de revient au kWh produit et même pour le prix de vente du kWh dans l’île. Après cinq ans, la baisse serait de plus de 15 % !
Le coût de construction du barrage, lui, restait inchangé. Il se situait à 800 millions de Francs. Aujourd’hui on parle en euros. On dit 150 millions d’euros. Ce sont des chiffres ronds qui font d’autant moins peur qu’ils ne changent pas. EDF a fourni un bilan chiffré avec pas mal d’anomalies… qui n’a choqué personne !
Ainsi d’un dossier à l’autre, les frais de maîtrise d’œuvre et de maîtrise d’ouvrage déléguée sont affectés différemment. L’étude d’EDF joue avec les chiffres sans que personne ne semble s’en apercevoir. Ce ne sont pas des données fiables, pour une opération aussi ruineuse qui répondrait à l’utilité publique. Le prix de revient du kWh (0,18 euro ou 1,21 F), est bien supérieur au prix national. Ces coûts d’EDF sont au pied de l’usine, donc minorés. Les chiffres nationaux sont des prix rendus à domicile, avec les frais de structure, les frais des réseaux et les coûts de distribution !
Pour l’exploitation, personne n’est prévu sur le site. Le fonctionnement est télécommandé d’Aspreto, près d’Ajaccio.
L’examen financier ne tient pas compte de la commission Fouquet sur la réforme de la taxe professionnelle. Cette taxe est jugée anti-économique et devrait disparaître avec l’harmonisation des fiscalités en Europe. Les communes en seront sans doute privées.
Il y a quelques années, la Corse a obtenu le statut de zone franche, pour inciter les chefs d’entreprises à développer des activités. Ici, les principaux travaux sont de la compétence de grandes sociétés internationales. Ce sont les firmes spécialisées dans le percement de galeries, avec des tunneliers. Ou compétentes pour la fabrication du barrage proprement dit, c’est-à-dire l’édification d’une digue en béton de 41 mètres. On oublie les entrepreneurs locaux et les créations d’emplois durables.
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