Axe de vie, parcours de rêve
Les livres sur la pêche présentent le Rizzanese, à Zoza (34) , comme la perle rare de l’île, avec des “parcours de rêve“ et “une densité exceptionnelle de poissons“. Mais EDF nie cette réalité : “Les faciès rapides (cascades, rapides, radiers rapides) sont peu favorables, par les vitesses de courant qui y règnent, au développement de la population de truites“. (Etude d’impact, page 294). En conclusion, “Le milieu est peu favorable aux poissons“.
En fait, EDF a ainsi évité de placer une passe ou une échelle à poissons, exigée par la réglementation. EDF explique que ces dispositifs sont inutiles : “A l’aval immédiat du point d’implantation du barrage, il existe une rupture de pente constituée par une suite de cascades à peu près infranchissables, d’aval en amont, par les truites. Ces obstacles naturels rendent sans objet l’installation d’une passe à poissons sur le barrage“ (Etude d’impact p. 294).
Le Rizzanese, ici, ne serait pas poissonneux et pas salmonicole, d’après les directives européennes, à cause des cascades et de la température de l’eau (35). Or, c’est du barrage que peut résulter l’élévation de la température. L’écoulement serait faible et, en été, réduit au-dessous de l’étiage, avec l’évaporation et les infiltrations. Cette élévation de la température condamne toutes les truites.
La loi impose des dispositifs de montaison et de dévalaison pour le franchissement du barrage. Mais on n’a pas prévu ici d’échelle à poissons. Un “barrage“ de 41 mètres ne permet pas aux anguilles, qui viennent de la mer des Sargasses, de remonter ni aux truites, nées en amont, de redescendre... On va déverser des truites d’élevage dont la variabilité génétique est faible. Ces pratiques créent des phénomènes d’introgression génétique qui influent sur l’évolution et le maintien des populations naturelles.
On a souvent vu des truites se détendre et remonter des chutes de plusieurs mètres. Leur dévalaison ne pose pas de problème. Ce n’est pas ce que dit EDF, qui a minimisé l’activité halieutique. Or, au XXè siècle, des pêcheurs ont nourri leur famille avec leur pêche, en l’état de la réglementation d’alors. Dès 1998, le Président de la Fédération de Pêche en Corse a fait connaître l’avis défavorable du Service des Pêches et son opposition au barrage. L’option aberrante est exprimée là comme une fatalité et le désir général des Corses !
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